Planthropos « Initier une nouvelle alliance avec les plantes médicinales »

À la lumière de la pleine lune et de son éclipse, j’ai envie de partager l’une des plus belles récoltes de ce printemps de l’année du Cheval de Feu.
Suite à ma participation au sommet de la Voix de Gaïa consacré à la question « Vivre, œuvrer et lutter avec le Vivant », une graine a été semée dans la terre libre et vivante, la dormance s’est levée avec le souhait d’ouvrir un espace dédié aux plantes médicinales, non plus seulement comme des ressources thérapeutiques, mais comme partenaires.
Ainsi est né Planthropos : Initier une nouvelle alliance avec les plantes médicinales, un sommet en ligne, en live imaginé en collaboration avec Vanessa Fourcaudot, où la plante médicinale devient le cœur de nos réflexions, de nos recherches, de nos engagements et de nos visions.
Le tournant végétal
En préparant mon intervention pour La Voix de Gaïa, je me suis interrogée sur ce qui avait profondément marqué mon propre parcours. Je cherchais à comprendre ce mouvement de fond, discret dont j’avais été témoin depuis le début des années 2000 : le retour des plantes dans notre manière d’habiter le monde.
Je repensais à mes années passées en Australie, où les programmes de régénération du bush révélaient déjà combien restaurer une forêt revenait aussi à restaurer la mémoire, là bas la mémoire des terres aborigènes et de leur histoire. Je revoyais les bocages mis à terre par les remembrements successifs, renaître dans les paysages du pays gallo grâce à Breizh bocage, les premiers maraîchers redonner vie aux sols, les réflexions autour de la sobriété heureuse portées au grand public par Pierre Rabhi, le renouveau des formations en herboristerie, les recherches sur la nature des sols avec les plantes bioindicatrices de Gérard Ducerf et les techniques de culture des plantes aromatiques, médicinales et à parfums de Wicki Gerbranda, puis les usages des plantes sur la santé, le retour de l’intérêt sur la complexité des principes actifs, la pharmacognosie, les remèdes populaires ou encore les multiples relations qui tissent le vivant
Sans toujours savoir le nommer, j’étais déjà en train de vivre ce que plusieurs penseuses décrivent aujourd’hui comme un tournant végétal. Un déplacement profond de notre regard.
C’est un changement de sensibilité que la chercheuse et artiste en écologie Amanda White évoque et qui nous conduit à reconnaître les plantes comme des êtres actifs dans l’histoire du vivant. L’anthropologue Natasha Myers propose quant à elle le Planthropocène, une invitation à quitter un monde centré sur l’humain pour apprendre à penser avec les plantes plutôt qu’à leur sujet.
En regardant en arrière, je réalise combien ce tournant a traversé toute ma vie : Partout, un même mouvement semblait émerger : celui d’un retour vers le végétal.


Planthropos «Initier une nouvelle alliance avec les plantes médicinales ».
Une rencontre intime avec les plantes
Pour ma part, cette rencontre avec les plantes n’est pas née d’une curiosité intellectuelle. Elle est née d’une nécessité et d’un souhait de rendre consciemment et activement à la terre ce qu’elle me donnait chaque jour.
Pendant près de vingt ans, j’ai grandi avec une vitalité plutôt basse (rachitisme, maux de tête, intoxication, Infections des voies ORL à répétitions, vue basse…) – les années 80 ayant bien servi la cause- avec une conscience hors sol, et j’ai peiné à naviguer à vue avec une déconnexion notoire à soi et donc à l’autre ; alors j’ai été obligée d’écouter autrement les choses et à chercher des chemins que la médecine conventionnelle ne suffisait pas à offrir, qui parfois même créait des problèmes là où il n’y en avait pas.
Les plantes médicinales sont progressivement devenues un chemin de guérison, d’attention et de transformation intérieure en plus d’être un sentier militant parce que Everything is political! Elles m’ont conduite à explorer l’herboristerie, la botanique, l’ethnobotanique, les savoirs populaires, les traditions celtiques, les paysages, les sols, les liens subtils entre les humains et le vivant.
Peu à peu, j’ai compris que les plantes ne pouvaient être réduites à une liste de principes actifs ou à un catalogue de propriétés médicinales, alors qu’elles nous invitent à transformer notre manière de percevoir le monde, à retrouver une qualité d’attention, la réciprocité et à partager une sensibilité commune.
Pourquoi Planthropos ?
C’est précisément cette vision que nous souhaitons partager avec Planthropos.
Durant ce sommet, scientifiques, botanistes, herboristes, anthropologues, philosophes, artistes et praticiens dialogueront autour d’une même question :
Comment les plantes médicinales peuvent-elles nous aider à réinventer notre relation au vivant ?et comment initier cette nouvelle alliance avec elles?
Au-delà de leurs usages thérapeutiques, elles ouvrent une réflexion plus vaste sur notre manière d’habiter la Terre, de prendre soin du vivant et de renouer avec des formes d’alliance oubliées.
Nous souhaitons que ces rencontres en LIVE et en replay du 25 au 31 octobre nourriront autant votre pratique que votre regard, et qu’elles contribueront à faire émerger une culture où les plantes retrouvent pleinement leur place comme compagnes de santé, de connaissance et de transformation.
Bienvenue dans cette nouvelle épopée!
Bienvenue dans Planthropos.
Planthropos «Initier une nouvelle alliance avec les plantes médicinales ».
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Deux réflexions: 1/ 85 à 95 % des « feux de forêt » sont causés par l’Anthropos. Ils ne sont pas « naturels ». 2/ Et, les paysages secs brûlent facilement.
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La monoculture de Pin sur des marais asséchés a une fin… J’espère vraiment que nous allons prendre ce grand virage passionnant, des agri-cultures et foresteries vivantes!
Pinus pinaster a été planté à grande échelle au XIXe siècle pour « fixer » les dunes de sable et assainir les terrains marécageux de la région et produire beaucoup, beaucoup de bois. Il représente environ 87 % des surfaces boisées du massif des Landes de Gascogne, formant ainsi une vaste pinède, très inflammable. Depuis les derniers grands incendies en 2022, rien de ce qui devait être fait n’a été fait. Notamment, défricher, ouvrir des espaces dans cette forêt hautement inflammable.
Le vivant sauvage et le vivant cultivé doivent se rencontrer, créer des alliances, agroforesterie, permaculture, agriculture sur sols vivants, biodynamie, syntropie … sur fond et formes de gestes ancestraux transmis par les anciens et dont les héritiers aujourd’hui sont sur le front du cheval de feu. Il n’ y a pas une solution, mais plusieurs, et l’alliance est la combinaison qui peut révéler le meilleur!
http://www.planthropos.com
Avec coeur, force et conscience!
Marilyn