Abbaye de Beauport : Ressources naturelles

Abbaye de Beauport

Ressources naturelles, fragiles & précieuses.

Initier la rencontre avec le monde naturel

Intervention aux côtés de Françoise Le Moine, directrice de l’abbaye, Guy Prigent, ethnologue du littoral, Jacques Aduriz, garde littoral de l’abbaye. Voici quelques notes en préparation de cette première rencontre, Objectif, insuffler des pistes de réflexion (19 juillet 2020). La 2ème rencontre étant prévue Mercredi 22 juillet 2020

L’abbaye, le monument, son domaine de 120 hectares : quelle vision! Favoriser et inventer de nouveaux usages, préservation des espaces, les usagers sont des alliés.

Les différents usages – sociaux, environnementaux Définir l’existant et le potentiel, observer les enjeux.

Du point de vue des plantes (herbes & arbres), de tous les êtres vivants, humains, animaux, lichens…

Divulgation des connaissances & persistance des savoirs et des usages populaires, domestiques, communautaires, religieux (jardin des simples) professionnels des plantes médicinales.

Botanique de conservation, identification flore médicinale, alimentation saine, esthétisme végétal, réservoir des semences (Abbaye de Daoulas a permis de recréer des jardins en Amérique centrale).

Cueillette des simples, herboristerie sauvage – tissage – vannerie (oseraie) – éco-pastoralisme, gestion de la forêt (non interventionniste, arbre hôte)

La nécessité de la transmission et interaction entre les usagers locaux et les institutions

La fragilité des milieux : cueillette éthique et respectueuse. Être accompagné d’un aîné ou un spécialiste. (roselière, les zones humides…)

Co-habiter les espaces naturels et non naturels

Mise en cohésion du bâti et de l’environnement (Kerjean, travaux sur l’estuaire et les rives de l’étang)

Les différents espaces/territoires. Dimension cosmo-politique 

« Observer les oiseaux pour penser les territoires » Jacques Tassin.

J’ajouterai « observez les végétaux pour penser les territoires »

Les espaces littoraux

Identifier les ressources : Algues, Goémon (un mélange de plusieurs algues, le Varech et la laminaire – 1 tonne de goémon sec après brûlage crée 200 kg de soude, 3kg d’iode)

Du pont de vue de la glane, les végétaux y occupent une place prépondérante.

L’espace côtier est le seul milieu qui détient les légumes originels : la Crambe, ancêtre du Chou, la Bette maritime, l’Arroche, l’Asperge.

Les marais côtiers longtemps jugés et méprisés car considérés comme insalubres. Des joyaux vivants.

Richesse du patrimoine et son rôle bio-essentiel justifie une mobilisation sans faille pour préserver les derniers vestiges de ces monuments communautaires.

La forêt : Les celtes et les druides rattachaient aux forêts la partie la plus solennelle de leurs cérémonies. La clairière et le bosquet étaient aussi des espaces sacrés qui accueillaient beaucoup de plantes aujourd’hui utilisées en herboristerie (tisanes & alcoolatures) – Honorer la mémoire

Observer : Une observation attentive et attentionnée de la nature par le vécu et les innombrables expériences.

Un réseau de réciprocités – Les mousses (voir plus bas ses qualités)

Chez les autochtones, chaque être vivant a un rôle particulier à jouer. Le but est de trouver son don. A l’instar des mousses: elles habillent les rochers, purifient l’eau, rendent les nids plus moelleux.

Quel est le don qu’elle partage avec nous ?

Le fondement de l’éducation est de découvrir les dons, les qualités dont on est doté et le développer.

Du point de vue ethno-herboriste

L’herboristerie d’hier et d’aujourd’hui, artisanale et vivante.

Hier l’herboriste était un colporteur et vendait en officine, aujourd’hui l’herboriste a un champ d’action multidimensionnel : Producteur de plantes aromatiques & médicinales (syndicat des simples), cueilleur de plantes, teinturier naturel, dessinateur, aquarelliste, cuisinier de plantes sauvages…

Plantes sauvages, plantes bio-indicatrices* – Les plantes témoins de l’histoire des lieux – Plantes pionnières (Ronce, Ortie)

Faire un relevé des espèces sauvages (comestibles et médicinales) pour mieux connaître les stades d’évolution de la flore, les éventuelles pollutions, la qualité des sols….

Les arbres présents sur le domaine

Les arbres sont une famille de végétaux vieille de 350 millions d’années avec l’apparition des Conifères, les feuillus -100 millions. 60 000 à 100 000 espèces d’arbres dans le monde. 2000 ans avant notre ère, la température a baissé, le Hêtre ayant besoin de – de chaleur devient alors le feuillu dominant. Aujourd’hui, les sécheresses font périr les Hêtres. Observer.

Lors de la balade, une observation partielle a déjà révélé la présence de nombreuses espèces: Saule osier, Aulne, Chêne, Sureau, Houx, Hêtre, Ifs, Châtaigner, Figuier, Noisetier, Pin maritime, Chardon, Lierre, Vigne vierge…

Les plantes in-vasculaires archaïques, épiphytes

Les mousses, -420 millions d’années, espèce bryophyte, pas de racines, pas de lignine. Groupe le plus résistant au stress hydrique. Milieux humides et sous-bois forestiers. Se nourrissent des excréments et mucus des invertébrés, par la pluie, apports aériens de gaz et particules nutritives. Participe à l’épuration de l’air, des métaux lourds et radio nucléides. Certaines mousses sont des « pionnières ». Avec les algues, les bactéries, les lichens fixent, protègent ou créent les sols. Résilience écologique après les incendies. « L’écologie bryophyte »

Les fougères, polypodes (« Fougère des bois ») Espèce « fossile qui a une forme ancestrale, et qui ont très peu évolué.

Espèces sensibles, elles évitent les milieux anthropisés, urbanisés et les terres cultivées.

La diminution des espaces naturels sauvages comme les forêts sauvages, les zones humides et la pollution des eaux accélèrent leur disparition et raréfaction. Les fougères arborescentes, présentes en Bretagne grâce à son climat.. tropical ! Sont des reliques du temps des dinosaures.

La Fougère aigle sur des sols siliceux et secs, ici présent à L’abbaye de Beauport : les polypodes, la « réglisse des enfants », l’Osmonde royale, le Scolopendre officinal ‘Langue de cerf »

Les herbes 

Ronce, Ortie, Achillée, Plantain, Lotier, Berce, Géranium Robert, Consoude, Camomille, l’Ajonc (Ulex armoricanus devenu Ulex europaeus : Les lutins dit-on semèrent des Ajoncs afin d’y pouvoir facilement se cacher)

Observation des espèces es différents espaces

Dans le verger : Digitale pourpre, Bryone, Bouillon blanc, Tussilage, Bétoine…

* Gérard Ducerf, ethnobotaniste

ETAPE 2
Atelier le mercredi 22 juillet de 18h00 à 21h00

L’histoire du site de Beauport nous raconte mille et un usages oubliés. Et nous aujourd’hui, quelles ressources pouvons-nous imaginer de partager ?
Après une introduction, venez échanger, débattre, inventer et rêver sur ce thème.
Tout au long de la soirée, de petites gourmandises viendront soutenir notre attention ! Picorage à participation libre, vous pouvez aussi amener votre spécialité gourmande à partager !

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