L’herboristerie

« Il y a une part en nous sécuritaire et il y a une autre part libre et aventurière. »

La plante médicinale porte l’espoir d’être et de se maintenir en bonne santé, mais elle nourrit aussi la peur de se tromper, de s’empoisonner.

Pour beaucoup, les plantes sont du domaine du passé, maintenant c’est le traitement par la chimie seule qui est reconnu par la science médicale.

« La santé est notre bien le plus précieux… il y a un enjeu de pouvoir. » Thierry Thévenin

Dans les années 1950 c’est l’âge d’or du Mexiton (amphétamine) les hommes arrivent à franchir les 8000m de l’Himalaya. Après guerre= miracle du tout chimique. Mais les plantes semblent avoir à nouveau leur mot à dire après les affaires du médiator, diane 35, vaccin contre l’hépatite B…

Elles sont efficaces pour les soins de base, en première intention. L’accès aux plantes médicinales a toujours dû être défendu.

A Amourabi, pendant la période mésopotamienne, dans les sociétés urbanisées, il y a avait déjà un code pénal qui encadrait la pratique de la médecine, presque 100% de végétaux. La loi de Thalion si le médecin échoue, on lui coupait la main, méthode très radicale. Il y a un encadrement sévère, des sanctions et des règles très strictes.

Dans les sociétés archaïques, le roi était souvent le médecin d’une manière symbolique.

Les pouvoirs temporels, religieux & les pratiques médicales sont confondus dans l’Antiquité. Les rois sont à la fois des prêtres et des médecins.

Les médecins acquièrent très vite un prestige parce qu’on se remet entre leurs mains. On se donne.

Au Moyen-âge des corps de métier apparaissent… Apothicaire (sédentaires avec une bannière, une patente très chère payée, un système de taxe), herboriste (viennent des campagnes, on les appelait les Herbiers et ils vendent alors dans les halles à Paris), médecin, épicier…

Les herboristes sont là mais restent politiquement invisibles ; On les associe aux maraîchers parce qu’ils n’ont pas de patente.

Il y a un fond de savoir important vis à vis des plantes.

En Provence, dans les 80’s, les anciens peuvent encore reconnaître une centaine de plantes.

Les herboristes-herbiers interviennent quand la santé d’un membre d’une famille est en jeu et pourrait mettre en danger toute la famille. Ils étaient là pour les forces vives de la famille, autant dire que les enfants et les vieillards étaient parfois laissés à leur triste sort.

Les apothicaires changent de nom deviennent des pharmaciens (du grec φάρμακον/pharmakôn signifiant à la fois le remède et le poison) en 1777 avec la création du Monopole aux apothicaires pour la délivrance des plantes médicinales.

« Heureuses infirmités qui rassemblent autour de vous tant d’habiles pharmaciens fournis de plus de drogues que vous n’avez de maux » [Rousseau, Lettre à Philopolis.]

Au XIXème siècle, apparition du premier vaccin, engouement général, abandon des plantes.

Les années 40 Les plantes deviennent ringardes, on parle de breuvage, de sorciers.

Le monde paysan devient le passé, archaïque, absence de créativité, un monde clos , sans imagination, qui tourne sur lui même.

Là commence la vraie industrialisation de la pharmacie lorsque la loi est votée pour la suppression de la profession des herboristes, loi qui était dans les cartons avant Vichy. Les colporteurs et les herboristes sont alors supprimés.

Il y avait des thèses pour démontrer combien ils étaient dangereux. Alors que les herboristes étaient sous tutelle des pharmaciens, c’est eux qui délivraient l’examen. Les herboristes sont critiqués et qualifiés d’incompétents alors par ceux qui leur donne l’enseignement.

La plante médicinale devient une matière première pour l’industrie.

L’herboristerie est une profession qui ne veut pas mourir et a été sauvée in extremis. Il y a un sursaut, une renaissance qui s’assortit d’une liberté, hors des lois et des normes en vigueur. On appelle ce renouveau «  la vague verte » .

Mais l’étau se referme, la profession et les plantes sont enfermées. Mise en place de normes au niveau européen, des règlements= application directe. Au niveau industriel pas de problème, avec des molécules, la chimie de synthèse mais avec les plantes on reste dans l’artisanat.

Nous travaillons avec du vivant, les normes sont pensées pour l’industrie… Une plante que l’on cueille en Normandie ou en Alsace n’aura pas la même teneur en principes actifs.

Comme les plantes ne sont pas brevetables, aucun laboratoire ne veut faire de recherche clinique sur elles. Et les États n’ont plus les moyens.

La liste des plantes autorisée est mondialisée, la culture mondiale vendue au rabais, les petites productions non rentables sont évincées, interdites. (Ashwaganda)

Dans la liste européenne, le Cynorrhodon va être interdit donc les brebis seront hors la loi.

Les huiles essentielles de Plantain, de Mauve et de Bourrache sont dans cette liste. Ce sont des produits qui n’existent même pas. Une liste dont la plupart des ingrédients que l’Europe veut interdire n’existe pas.

Quelques notes du 1er congrès des Herboristes en 2013 à Paris 

En 2010 il y a une remise en cause d’un dogme.

Les changements climatiques obligent à changer de comportement envers la nature, la crise financière ébranle les consciences.

Le consommateur a une offre plus large et veut une liberté de choix. En jeu, la sécurité des produits et la libéralisation du choix.

En France il y a un cas spécial le « Monopole pharmaceutique ». D’un côté on met les plantes dans une prison et de l’autre on libère les plantes.
Quels outils à un herboriste aujourd’hui ?
// un diplôme ?
// une sécurisation des produits  ?

L ‘Herboristerie est un patrimoine qu’on doit préserver et utiliser . Il y a une notion de développement durable et la recherche du bien-être, du plaisir, économique, social, écologique dans la protection de la biodiversité. 

Patrice de Bonneval avait une herboristerie, un lieu où les gens se rencontrent, parlent et rapportent leur expérience, un lieu où le conseiller transmet gratuitement sa connaissance de plantes. C’est assurer la sécurité et aujourd’hui nous devons assurer la qualité de la formation, c’est la clé de la réussite ; le contenu et sa validation, la reconnaissance des plantes physiologique, les interactions.
Aujourd’hui des phytothérapeutes il n’y en a pas 100 ans France. Il est un représentant de la défense de la terre, du bien-être et de la santé.
Il travaille avec les naturopathes, les médecins et les pharmaciens.
Il n’y a pas d’allégations réglementaires aujourd’hui. Les conseils autour des plantes ne sont pas autorisés.
Un herboriste ramasseur est un producteur qui fournit l’industrie pharmaceutique. Comment vendre en France comment exercer ?
Le pharmacien est le seul à exercer, plus personne est herboriste . On Trouve des plantes en alcoolature, en gélules mais ce qui est intéressant c’est l’herboristerie traditionnel c’est le TOTUM de la plante qui est une grande médecine. Transformer la plante ou extraire un seul principe actif n’aura pas le même effet sur le corps.

Risque d’allergies dans le second cas. Et dans le premier, parfois toutes les parties de la plantes ne sont pas transformables pour cause de toxicité forte.

Il y a un fort intérêt à ce que toutes les parties travaillent ensemble. Les pharmaciens ont abandonné les plantes, tous les DOM-TOM ont demandé une reconnaissance de leurs plantes pour l’instant il n’y a que 15 plantes déclarées et reconnues au ministère. Laboratoire industriel vs Herboristerie artisanale.
Les critères de sécurité et la pharmacovigilance ne sont pas toujours respectés. il y a eu des problèmes graves avec les plantes chinoises et indiennes notamment avec le laboratoire ArkoPharma condamné pour avoir apporté des plantes mal identifiées botaniquement et qui aurait causé des lésions rénales graves et irréversibles  chez plusieurs femmes. 

Nous avons besoin des plantes pour soigner et régler les fonctions physiologiques.

Le phytothérapeute
La bonne humeur & la bonne écoute c’est déjà la moitié du travail herboriste travaille au comptoir et vend les produits. Un phytothérapeute travaille en cabinet.
Ailleurs en Europe les plantes dangereuses sont réservées aux pharmaciens et les plantes considérées comme non dangereuses « autorisées à la vente libre » ne le sont pas.

L’Herboristerie sans frontières

Distribution, échange des connaissances ; si tu ne sors du compagnonnage, en dehors de toute formation pour qu’elle soit diffusée en dehors de contrôle ça reste confidentiel. Les Burkinabés organisent un congrès important 560 participants traduit praticien il y a une collaboration entre les universités les gens et les soigneurs

On est trop peu encore. La transmission de savoir  était très limitée. il n’y a que Florentin qui faisait des stages ethnopharmacologie .
Un phytothérapeute est un médecin qui a une spécialité de trois à cinq ans en Belgique.
Pierre Lieutaghi dit qu’on a autour de nous 70 plantes qui nous soignent. Il faut les connaître.
Une plante enlève une maladie ou entretient la santé.
Le risque pour un herboriste aujourd’hui est une condamnation pour exercice illégal de la médecine.
La noblesse de notre profession c’est la tisane.
Aujourd’hui tout sacrifier au nom de la chimie et la médecine ça c’est pour les pharmaciens. Un herboriste n’est pas dans un laboratoire.

Il se doit d’enseigner pour éviter la non connaissance, et pour améliorer le niveau de perception d’une plante. Il faut des experts en sciences et des experts en tradition.
Les cueilleurs embauchés par des grosses entreprises ne sont pas toujours des professionnels aguerris.
Les teintures médicinales ne sont pas interdites par son enregistrement homéopathique.

Ce sont des idées en vrac, ce premier congrès était dense!

Marilyn Brentegani, herbaliste, gardienne de la Terre.

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